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L'ex-lobbyiste Jack Abramoff, proche du parti républicain du président Bush, a été condamné mercredi à près de six ans de prison dans une affaire d'achat frauduleux de bateaux-casinos, ouvrant la voie à d'autres affaires de corruption qui inquiètent le Washington politique.
L'ex-lobbyiste Jack Abramoff, proche du parti républicain du président Bush, a été condamné mercredi à près de six ans de prison dans une affaire d'achat frauduleux de bateaux-casinos, ouvrant la voie à d'autres affaires de corruption qui inquiètent le Washington politique.
En synchronisation presque parfaite, le Sénat américain s'est massivement prononcé mercredi en faveur d'une certaine moralisation de la vie politique en adoptant un projet de loi qui encadre les pratiques contestées du lobbying, alors que nombre d'élus sont menacés par les aveux à la justice de M. Abramoff.
A quelques mois d'élections parlementaires qui s'annoncent difficiles pour le parti républicain au pouvoir, Jack Abramoff, 46 ans, a été condamné à 5 ans et 10 mois de prison par un tribunal de Miami, après avoir reconnu en janvier avoir fait usage de faux documents pour obtenir un prêt de 600 millions de dollars destiné à financer l'acquisition d'une flotte de bateaux casinos.
Avec son associé Adam Kidan, il avait admis avoir fait des faux pour convaincre une société d'investissement de leur prêter 60 des 147,5 millions de dollars nécessaires à l'achat des casinos, mis en vente par un homme d'affaires, Konstantinos Boulis, dit "Gus".
Les faux documents visaient à démontrer qu'ils avaient payé 23 millions de dollars pour l'achat des lignes SunCruz à M. Boulis, qui a été retrouvé mort, assassiné par un tueur, quelques mois plus tard. Trois hommes ont été arrêtés depuis. MM. Abramoff et Kidan ont tous deux nié une quelconque implication dans ce meurtre.
Les avocats de Jack Abramoff, 47 ans, l'ont dépeint comme un homme généreux, intéressé par sa foi religieuse et sa famille, et pétri de remords.
Militant républicain de toujours, Abramoff a donné son accord pour coopérer avec la justice en échange de son aveu de culpabilité, qui devait lui garantir qu'il ne passe pas plus de onze ans en prison au total, pour des délits qui sont théoriquement passibles d'au moins 30 ans de détention.
Outre l'affaire des bateaux-casinos, Jack Abramoff a aussi plaidé coupable en janvier d'escroqueries et fraude fiscale, pour avoir détourné des millions de dollars reçus de tribus indiennes dont il était censé défendre les intérêts dans la capitale fédérale.
Il a conclu un accord avec la justice à Washington dans le cadre de cette deuxième affaire, promettant d'exposer le système de trafic d'influence et de corruption active qu'il avait mis en place au Congrès. Depuis lors le microcosme politique attend ses révélations publiques.
Une vingtaine de membres du Congrès seraient dans la ligne de mire des juges, pour avoir profité des largesses de M. Abramoff, dont Tom DeLay, l'ancien puissant chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants.
Ces scandales ont poussé le président George W. Bush et plusieurs parlementaires à reverser des fonds qu'ils avaient reçus de Jack Abramoff.
Selon le parti démocrate d'opposition, M. Abramoff aurait réuni plus de 100.000 dollars pour la campagne de réélection de Bush, alors que le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, a seulement reconnu publiquement un chiffre de "plusieurs milliers" de dollars.
"Les près de six ans de prison d'Abramoff ne sont que le début d'une enquête dans la culture grandissante de corruption au sein du parti républicain" a estimé mercredi un porte-parole du parti démocrate, Luis Miranda.
Le texte de la "loi sur la transparence et la responsabilité" adopté mercredi par le Sénat introduit plus de transparence dans le processus législatif de la rédaction des lois et interdit presque totalement aux parlement de voyager aux frais de lobbyistes ou d'en accepter des cadeaux.
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